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Le blog de l'Andeva

Fonderies du Poitou : Le délibéré sous trois semaines à un mois

11 Décembre 2019, 09:38am

Tiré d'un article de "La Nouvelle République" par Anthony FLOC'H

La cour administrative d’appel de Bordeaux examine ce lundi le recours des fondeurs d’Ingrandes, qui demandent la reconnaissance amiante du site.

Le combat a commencé en 2014, quand l’Association des fondeurs du Poitou victimes de l’amiante (Afpa 86) - lancée par deux d’entre eux, Joël Bourdilleau et Éric Lemer - a demandé au ministère du Travail de classer les deux usines sur la liste interministérielle des « sites amiantés ». Objectif : permettre aux fondeurs exposés à l’amiante - entre 1981 et 1996 - de partir plus tôt en préretraite (1).

Douche froide fin 2014 : le ministère du Travail refuse l’inscription. L’association saisit le tribunal administratif de Poitiers... Qui la déboute en juin 2017. Nouveau coup dur. L’Afpa 86 fait appel auprès de la cour administrative d’appel de Bordeaux. L’audience a (enfin) lieu ce lundi 2 décembre à 14 h 20. Pour porter la parole des salariés, une dizaine de membres de l’Afpa 86 doivent se rendre dans la capitale régionale pour soutenir leur avocat, Me Macouillard. Le délibéré devrait être connu sous trois semaines à un mois.

Si l’association obtient gain de cause, l’État devra revoir sa copie et inscrire les fonderies d’Ingrandes au titre des sites amiantés. Les salariés exposés pourraient alors partir en préretraite plus tôt, selon le principe du tiers : « Une personne exposée pendant quinze ans pourrait partir cinq ans plus tôt », traduit Joël Bourdilleau, président de l’Afpa 86. « Une manière de compenser la chute statistique de leur espérance de vie », explique leur avocat.

Cette mesure aurait un coût, que supporterait l’État. Condition fixée par le groupe Liberty en mai dernier à l’heure de racheter les fonderies d’Ingrandes.

(1) En bénéficiant de l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante

Même si aucun comptage précis n’existe, l’Afpa 86 estime à « un millier, voire plus », le nombre de personnes qui ont travaillé aux fonderies du Poitou entre 1981 (ouverture du site) et 1996, et qui ont donc été exposées à l’amiante.

A ce jour, 93 d’entre eux ont obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle liée à l’amiante. Leurs pathologies : des affections pleuropulmonaires (plaques pleurales), des asbestoses, des cancers du poumon...

« Jusqu’en 1996, l’amiante était partout aux fonderies du Poitou. Tous les salariés étaient exposés, témoigne Joël Bourdilleau. Certains – au niveau des fours, des boîtes chaudes, au parachèvement, à la finition – étaient en contact direct avec les plaques d’amiante, utilisées comme isolant thermique pour la fonte des pièces. D’autres n’ont pas manipulé mais ont été exposés par inhalation. La poussière d’amiante était omniprésente ! »

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