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Actualité de l'Andeva, l'association nationale de défense des victimes de l'amiante et autres maladies professionnelles

L’Andeva a marché à Paris avec le "Collectif pour la Santé" ce samedi 4 octobre 2025.

Le collectif « Santé en danger » a été créé dans un but simple : dépasser les intérêts catégoriels des uns et des autres pour défendre notre système de santé et sanctuariser son budget en France. Il a été lancé par le médecin anesthésiste/réanimateur Arnaud Chiche qui a été ensuite rejoint par de nombreux professionnels de santé - hospitaliers, infirmières, sages femmes, etc. Considérant que ce combat était aussi le sien et le concernait sur de nombreux points, l’Andeva a décidé de s’y associer. C’est ainsi que soignants et soignés ont défilé ensemble ce samedi 4 octobre entre le Panthéon et le ministère de la Santé. Certes moins nombreux que prévu, mais pas moins motivés, les professionnels, étaient accompagnée par une forte délégation de l’Andeva qui constituait le gros de la représentation des malades. Parmi les associations qui se sont rangées derrière la large banderole de l’Andeva fabriquée pour l’occasion, l’Adeva 72, le Caper des Combrailles, le Caper Auvergne, Cridevit, l’Addeva 93, L’Addeva Rouen métropole, l’Adeva centre et l’Adevimap.   

Après une matinée de tempête, le ciel s’est finalement dégagé en ce premier jour anniversaire des 80 ans de la Sécurité sociale pour permettre aux marcheurs de défiler sous le soleil. Dès 13h, quelques centaines de personnes sont présentes devant le jardin du Luxembourg et une conférence de presse est improvisée. Soignants et soignés, se regroupent. Arnaud Chiche, prend la parole : « « Je suis très heureux de cette mobilisation. Les gens viennent de la France entière. Il fallait que ce soit une représentation inhabituelle, hétérogène. Aujourd’hui, il n’y a pas de corporation, il y a de tout. Et cette union est nécessaire parce que les politiques font n’importe quoi ! dit-il. Aucune réforme ne devrait passer sans validation des soignants et des patients »

« Défendre notre Sécurité sociale et la sanctuarisation des budgets santé est primordial », assène Sophie Bauer, présidente du Syndicat des médecins libéraux. « Une loi de financement de la Sécurité sociale annuelle n’a aucun sens. Il faut un plan et une vision de la santé pour demain ».

Cette galaxie de collectifs et de syndicats, pas toujours sur la même longueur d’onde, s’accorde sur un point : l’État ne doit pas décider de manière unilatérale du budget de la santé.

« C'est une manifestation unitaire entre le monde de la ville libérale, le monde hospitalier et public, et toutes les professions qui composent la santé », déclare Patrick Pelloux, fondateur de l'Association des médecins urgentistes de France. 

Arnaud Chiche (à gauche), Patrick Pelloux (au centre)

« Ce changement permanent de ministre et de gouvernement nous écarte d’un projet linéaire pour notre système de santé », enchérit le Dr Saïd Ouichou, qui a fait le déplacement depuis Marseille. « Je ne pouvais en aucun cas rater cette occasion de venir avec tous les soignants et les usagers participer à cette marche blanche. Nous sommes très en colère. Notre système de santé se dégrade chaque jour. Nous réclamons des mesures concrètes pour mieux soigner les Français et demandons à être écoutés », martèle le généraliste marseillais.

Son de cloche quasi-identique au sein de l’association Médecins pour demain, dont plusieurs membres sont également venus manifester. « Cette marche blanche réunit tous les acteurs du soin : la ville, l’hôpital, les médecins, les soignants, mais aussi et surtout les patients », se réjouit Moktaria Alikada, présidente de l’association créée en 2022. Tous ces usagers de santé sont des électeurs, diagnostique-t-elle. « Depuis le temps que nous, professionnels de santé, crions dans le vide, s’ils rentrent dans la bataille avec nous, le politique pourrait enfin prêter l’oreille. » 

Et ces usagers qui pâtissent directement de la dégradation des soins, c’est principalement l’Andeva qui les représente aujourd’hui.

« Il y a deux ans, dit Jacques Faugeron, président de l’Andeva, nous avons appris que le dispositif de surveillance du mésothéliome (cancer dû à l’amiante au pronostic sombre) allait être supprimé par Santé Publique France. Or, ce dispositif servait à suivre les maladies, tracer les sources d’’exposition et à évaluer les différents protocoles thérapeutiques. Les victimes de l’amiante sont malades en partie parce que de l’Etat qui n’a pas su les protéger d’un produit qu’on savait être cancérogène depuis des décennies. Il n’a pas pris les mesures qui s’imposaient à l’époque et maintenant elles devraient subir en plus l’absence de moyens de faire évoluer leurs diagnostics. Comment l’accepter ?

Aujourd’hui, pour une victime de l’amiante, c’est long, c’est compliqué d’avoir un rendez-vous chez le pneumologue. Or, en matière de cancers, un délai de prise en charge qui s’allonge, ce sont des gains d’espérance de vie qui disparaissent, une chance de moins de pouvoir se soigner. C’est un problème qui nous rapproche des initiateurs de cette marche blanche.

On peut aussi évoquer le problème de la fin de vie. Plus d’une vingtaine de départements n’ont plus d’unité mobiles ou fixes de soins palliatifs. Et les réponses qui sont apportées sont plutôt des coups de rabot que de prendre le problème à bras le corps et à répondre aux besoins de la population.

Nous sommes ici pour rappeler que la dégradation des conditions de travail des soignants entraîne la dégradation de la prise en charge des malades. Nous avons tous intérêt à agir ».

La marche s’ébranle un peu avant 15h. Des applaudissements et de chants scandent le cortège pendant que des marcheurs continuent à témoigner devant la presse. Vinciane, infirmière en santé au travail au centre hospitalier de Maubeuge, n’en finit pas de voir défiler les personnels au bout du rouleau. « J’ai eu connaissance de trois tentatives de suicide de collègues dont deux sur site, soupire-t-elle. La semaine dernière, un autre m’a dit : ” si tu ne fais rien, je me flingue “. J’ai dû le diriger vers les urgences. Beaucoup ont des idées noires car ils se sentent totalement déconsidérés. J’ai moi-même été victime d’épuisement professionnel ».

Derrière la banderole de l’Andeva, « l’amiante a pris notre santé, nous refusons d’être soignés au rabais », les victimes du matériau cancérogène dénoncent, elles, une double peine. « Dans la Sarthe, nous devons faire 40 kilomètres pour aller consulter un généraliste. Les médecins vont sur la côte, ils n’ont pas envie de s’installer chez nous », déplore Sonia, militante au sein de l’Adeva 72. André, qui a travaillé au contact de l’amiante mais aussi au benzène dans les ateliers de la SNCF, remarque que les personnes exposées ont également « de plus en plus de mal à faire reconnaître leurs maladies professionnelles. Pourquoi sommes-nous les premiers à trinquer alors que nous finançons la Sécurité sociale ? »

L’arrivée place de Breteuil aux alentours de 17h sonne la fin de la journée. Les prises de paroles se succèdent pour souligner l’importance de cette journée et souhaitent la voir de reproduire et s’intensifier. Et si les médecins se mettent en position PLS devant le dôme des Invalides, ce n’est pas du à l’épuisement de la marche du jour mais pour symboliser la situation de la santé en France et signifier leur espoir de la voir se relever. 

LISTE DES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES DE L'APPEL 

 

Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche
Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche

Les délégations de l'Adeva 72, l'Addeva Rouen métropole, Jacques Faugeron président de l'Andeva avec Arnaud Chiche

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